Le bilan des Tricolores: 40 médailles

Il est arrivé, enfin, l’heure des bilans. Si la Chine a instauré la suprématie au nombre des médailles, en dépit des disputes engendrées, les Français retournent chez eux non pas à cor et à cri, mais avec la conscience de la tâche accomplie: les 40 médailles envisagées au départ ont été remportées!

Tout compte fait, les tricolores ont gagné 7 médailles en or, 16 en argent et 17 en bronze. Voilà les grands lauréats des compétitions qui ont fait entendre la Marseillaise à Beijing:

  • ABSALON Julien – Cyclisme – Vélo tout-terrain, Cross-country – hommes
  • BERNARD Alain – Natation, 100 m nage libre – hommes
  • CHAUSSON Anne-Caroline – Cyclisme, BMX – femmes
  • DINART Didier, BURDET Cedric, GILLE Guillaume, GILLE Bertrand, NARCISSE Daniel, GIRAULT Olivier,
    KARABOUE Daouda, KARABATIC Nikola, KEMPE Christophe, OMEYER Thierry, ABATI Joel, ABALO Luc, GUIGOU
    Michael, PATY Cedric – Handball Hommes
  • GUENOT Steeve – Lutte, Gréco-romaine, 66 kg – hommes
  • JEANNET Fabrice, JEANNET Jerome, ROBEIRI Ulrich – Escrime, Épée par équipes – hommes
  • PILLET Julien, SANSON Boris, LOPEZ Nicolas – Escrime, Sabre par équipes – homme

L’argent a fait aussi flotter les drapeaux tricolores, le nombre des médailles dépassant le double de celles en or:

  • BAUGE Gregory, SIREAU Kevin, TOURNANT Arnaud – Cyclisme – sur piste, Vitesse par équipes – hommes
  • BONTEMPS Julien – Voile RS:X – hommes
  • BOUHAIL Thomas – Gymnastique artistique, Saut de cheval – hommes
  • DABAYA-TIENTCHEU Vencelas – Haltérophilie 69 kg – hommes
  • DARBELET Benjamin – Judo 66 kg – hommes
  • DECOSSE Lucie – Judo 63 kg – femmes
  • DJELKHIR Khedafi – Boxe 57 kg (poids plume) – hommes
  • JEANNET Fabrice – Escrime Épée individuelle – hommes
  • LE CORGUILLE Laetitia – BMX – femmes
  • LEFEVRE Fabien – Canoë/kayak – slalom, Kayak monoplace k-1 – hommes
  • LEVEAUX Amaury – Natation 50 m nage libre – hommes
  • LEVEAUX Amaury, GILOT Fabien, BOUSQUET Frederick, BERNARD Alain, MALLET Gregory, STEIMETZ Boris -
    Natation, Relais 4×100 m nage libre – hommes
  • LOPEZ Nicolas – Escrime Sabre individuel – hommes
  • MEKHISSI-B. Mahiedine -Athlétisme 3 000 m steeple – hommes
  • PERAUD Jean-Christophe – Cross-country – hommes
  • SOW Daouda – Boxe 60 kg (poids légers) – hommes

Les plus nombreux ont été, quand-même, les occupants de la troisième marche du podium:

  • ARNOLD Virginie, DODEMONT Sophie, SCHUH Berengere – Tir à l’arc Epreuve par équipes – femmes
  • BERNARD Alain – Natation 50 m nage libre – hommes
  • BOURGAIN Mickael – Cyclisme – sur piste Vitesse individuelle – hommes
  • CARANOBE Benoit – Gymnastique artistique Multiple individuel – hommes
  • CHARBONNIER Nicolas, BAUSSET Olivier – Voile, 470 – hommes
  • COEFFIC Jonathan, PELTIER Pierre-Jean, BAHAIN Julien, BERREST Cedric – Aviron 4 de couple – hommes
  • DELATTRE Marie, VIARD Anne-Laure – Canoë/kayak – en eaux calmes Kayak biplace(K2) 500 m – femmes
  • DESPRES Julien, RONDEAU Benjamin, CHARDIN Germain, MORTELETTE Dorian – Aviron 4 de pointe – hommes
  • DUBOSCQ Hugues – Natation, 100 m brasse – hommes
  • DUBOSCQ Hugues – Natation, 200 m brasse – hommes
  • EPANGUE Gwladys Patience – Taekwondo -67 kg – femmes
  • FLORENT Guillaume – Voile Finn
  • GUENOT Christophe – Lutte, Gréco-romaine, 74 kg – hommes
  • RINER Teddy – Judo, +100 kg – hommes
  • POSSAMAI Stephanie – Judo, 78 kg – femmes
  • TERRAS Anthony – Tir Skeet – hommes
  • VASTINE Alexis – Boxe 64 kg (poids super légers) – hommes

La joie a donc, trouvé sa place parmi les médaillés, tout comme la tristesse s’est installée du côté des grands perdants de l’équipe des Bleus. Pour Frédérique Jossinet, Laura Flessel, Tony Estanguet, Laure Manaudou ou Yohan Diniz, les 29èmes Jeux ont été vraiment malchanceux. C’était le temps des défaites, mais non pas nécessairement du crépuscule… De toute façon, il y a de quoi fêter. Pour célébrer l’ensemble des sportifs participants aux Jeux,le président  Nicolas Sarkozy les recevra aujourd’hui,  à l’Elysée.

Beijing 2008, le temps des super-héros…

La XXIXème édition des Jeux Olympiques a été marquée par un grand nombre de records olympiques et mondiaux: on a consigné à Beijing pas moins de 38 records du monde et 77 records olympiques! De tout ça, ce qui a le plus marqué les esprits, c’est l’image de la « Balle de Baltimore », Michael Phelps, le héros de l’olympisme moderne, qui compte, à présent, 14 médailles en or. Le deuxième nom qui a fort enchanté le public de Beijing est Usain Bolt.

Bolt est le nom qui restera, sans doute, dans l’histoire de l’athlétisme. Sa performance, de 9,69s/100 mètres sera assez difficile à dépasser dans la période à venir. A 22 ans, Usain a eu également une contribution décisive à établir un nouveau record au relais du 4×100 mètres, une épreuve où le Jamaïcain a obtenu un temps « irréel », de 37,10 secondes. Ces exploits ont transformé Usain Bolt dans une idole mondiale. L’intérêt autour du « roi » du sprint ne cesse pas d’augmenter. Tout le monde veut savoir qui est, en fait, Usain Bolt. Ses fans sont avides de détails sur sa vie: son enfance, son régime de vie, etc. On se demande même ce que mange le super-athlète pour apprendre, comme on dit de façon admirative, quelle est la nourriture des martiens, puisque le Jamaïcan n’est pas l’un de nous, mais appartient à une race supérieure. « Il a couru dans l’avenir », c’est ça la conclusion des commentateurs après les performances historiques de « l’éclair » Bolt à Beijing.

Usain Bolt a 22 ans et des dimensions difficiles à rencontrer à un sprinter: 1,96 m et 86 kg. Considéré trop haut pour les courses de vitesse, il a ébahi pour la première fois le monde en 2002, quand il a gagné l’épreuve de 200 m juniors, aux championnats du monde. Juste après, il est devenu l’image de la compagne d’équipements sportifs Puma.

Quant à l’Américain Phelps, on peut dire sans exagérer qu’il a non seulement brisé le record du monde aux épreuves de natation, il a aussi brisé les records à l’audience: 8 médailles en or dans l’espace de la même édition des Jeux, c’était une chose difficile à imaginer même pour la presse américaine, qui comprenait la hardiesse de cet essai. Une fois avec son énorme succès, on s’est intéressé, bien sûr, à la moindre bagatelle liée à la vie du super-héros.

 On a appris, de cette façon, que, outre les hautes performances, Michael Phelps et Usain Bolt ont en commun une alimentation pas vraiment recommandée aux sportifs. L’Américain mange six fois par jour. Bolt ne semble pas, lui non plus, préoccupé de la silhouette. Avant la course de 100 m, il s’est « gorgé » de McNuggets et de bananes. « Les bananes contiennent du phosphore, un élément-clé qui aide la contraction des fibres musculaires », a expliqué le docteur Carlo Viottori, un gourou de l’athlétisme mondial. Mais la véritable source de pouvoir de l’athlète lui est innée: ça s’appelle Actinen A, un élément spécifique aux sportifs nés aux Caraibes, qui contribue à la contraction plus rapide de la fibre musculaire.

Un Chinois a trouvé le moyen parfait de promouvoir les JO: l’acupuncture

Les arts traditionnels d’Asie n’ont pas été oubliés à l’occasion du grand événement organisé à Beijing. Ainsi, un spécialiste en acuponcture a trouvé la meilleure modalité de se rendre connu, tout en profitant des Jeux Olympiques. Le Chinois Wei Shengchu a promu son métier s’exposant tout simplement dans les rues de Beijing sous une apparence inédite: avec de petits drapeaux enfoncés dans le scalpe. Le nombre de ces objets est impressionnant: il a fiché pas moins de 206 drapeaux, 205 pour les nations participantes aux Jeux et le dernier, pour la flamme olympique.

Ne pensez pas que ce soit facile! Ce qu’on voit, ce n’est que « la pointe de l’iceberg »! Wei dédie 4 ou 5 heures par jour pour accomplir ce boulot: s’enfoncer dans la tête des aiguilles longues de 8 cm. Dernièrement, en raison de son aspect, il s’est attiré le surnom de L’Homme-aiguille ou Le Herisson.

Wei, âgé de 58 ans, est allé en roller à travers la Chine, flottant les petits drapeaux pour montrer sa sympathie pour les Jeux Olympiques. En 2004, il a établi le record, après avoir enfoncé 1.790 aiguilles, qui lui ont couvert la tête et le visage. « Les hommes aiment peindre le drapeau sur leur visage, j’ai, donc, pensé que le message serait plus frappant si j’associais la médecine traditionnelle et la décoration des aiguilles », a avoué le Chinois.

Vainquer du cancer, Maarten Van der Weijden a triomphé sur le marathon 10 km de natation

Le Néerlandais Maarten Van der Weijden, brave survivant d’une leucémie, est devenu le premier champion olympique à l’épreuve de 10 km nage en eau libre, étant enregistré dans la finale de jeudi avec 1h51’53″. L’événement est d’autant plus spectaculaire qu’il arrive un jour après que la sud-africaine Natalie du Toit, amputée d’une jambe, a accompli son rêve, participant pour la première fois aux Jeux.

Van der Weijden, qui est sorti vainqueur du combat contre le cancer dont il avait été diagnostiqué en 2001, a ébloui le monde avec sa performance. Il a laissé derrière l’Anglais David Davies et même l’Allemand Thomas Lurz, ancien champion du monde. Le grand favori de l’épreuve, le Russe Vladimir Diacin, triple champion du monde, a été disqualifié, après avoir reçu une carte rouge.

Le coup de grâce a été donné en fin de course, quand le Néerlandais a réussi par un sprint à récupérer l’écart établi par le rythme élevé des leaders de file. Van der Weijden, qui depuis le début de l’année n’a dormi que dans un tente à haute altitude pour se préparer aux Jeux, a déclaré que sa lutte contre le cancer lui a donné la force mentale dont on a tellement besoin au marathon de natation.

« Je pense que la leucémie m’a enseigné à penser en étapes » a avoué Weijden. « Quand on est cloué au lit à l’hôpital, travaillé par la douleur, et on se sent tellement épuisé, on ne veut pas penser au mois prochain ou à la semaine prochaine, tout ce qui compte est l’heure à venir. Ça m’a enseigne à être patient, gésir dans mon lit et simplement attendre. Je pense que c’est la même stratégie que j’ai utilisée ici. Rester derrière et avoir patience, rester tranquille et attendre la chance »!

Maarten van der Wijden a repris sa carrière sportive en 2003, quand il était entièrement guéri. Cette année, aux Championnats du monde, il a gagné l’or à l’épreuve de 25 km et le bronze à celle de 5 km.

Lyudmila Blonska, cinquième cas de dopage aux JO de Beijing

La sportive ukrainienne Lyudmila Blonska, vice-championne olympique à l’épreuve d’heptathlon de ces Jeux, a été disqualifiée, suite à la découverte qu’on a fait sur son état physique: la heptathlonienne s’était dopée à un stéroïde anabolisant. La procédure à l’encontre de l’Ukrainienne a été ouverte ce mercredi, mais la commission de discipline et le comité exécutif étaient programmés à se réunir aujourd’hui, le 21 août, pour prendre une décision finale.

Contrairement aux rumeurs, la Commission Exécutive du Comité Olympique International n’a pas retiré sa médaille, du moins, pas encore. Cette décision ne peut être prise que dans une réunion comme celle d’aujourd’hui. Dans ce cas, l’argent reviendra à l’Américaine Hyleas Foutain. De cette façon, La Russe Tatiana Cernova aura l’occasion d’accéder au podium et d’être médaillée de bronze.

Le cas de Blonska est le cinquième aux Jeux de Beijing. Les autres cas de dopage découverts à Beijing sont: la cycliste espagnole Maria Isabel Moreno, le tireur nord-coréen Kim-Jong-Su, la gymnaste vietnamienne Do Thi Ngan Thuong et l’athlète grecque Fani Halkia. Blonska n’est pas au premier écart de conduite. Elle a été deux ans suspendue ( entre 2003 et 2005 ), après un autre contrôle positif aux stéroïdes.

Quarts de finale chanceux pour les hanballeurs français

Les quarts de finale du tournoi olympique de handball masculin s’est bien passé pour les Bleus. L’équipe a réussi la qualification dans les démis, après avoir fait un 27-24 contre le rivale de Russie. Comme l’équipe féminine avait subi une défaite amère toujours face à la sélection russe, on peut dire que les garçons ont pris la revanche, dans une partie déroulée sur le même stade.

Le combat a été dur. Ni les Français, ni les Russes n’ont pas lâché prise un seul instant. Au bout de la dixième minute de jeu, la marque montrait six buts de chaque côté. Les Français se sont parfaitement débrouillé, même en absence de Jérôme Fernandez. Les hommes du match ont été, cette fois, Daniel Narcisse et Luc Abalo, qui ont ouvert en force la partie, lançant l’attaque vers la cage des Russes.

Accédant en demi-finales, les Français marquent leur premier succès aux Jeux: en 2000 et en 2004, ils étaient renvoyés dès les quarts. A présent, l’équipe française affrontera le gagnant du match Croatie-Danemark.

De l’autre côté, l’élimination des Françaises par les handballeuses russes n’a pas été la meilleure nouvelle pour l’Hongrie, qui se disputera les demis avec les gagnantes. « La Russie est l’une des favorites de top à Beijing. Mais j’espère que la France pourra la battre dans les quarts. Par rapport à la Russie, nous voudrions plutôt jouer contre la France », déclarait le coach hongrois Janos Hajdu, après l’exploit de son équipe face aux Roumaines. Comme la favorite a gagné, les Hongroises feront tout pour transformer la guigne en bonne chance.

Juan Curuchet, une carrière accomplie à Beijing

Le cycliste argentin Juan Curuchet a déclaré mardi qu’il se retirerait tout en  célébrant la médaille en or gagnée  dans la course de Madison. Cette médaille, il l’a remportée à côté de Walter Perez, dans la course de cyclisme de Beijing, après six participations aux Jeux. En 2004, ils gagnaient le titre dans le championnat du monde de Melbourne, en Australie.

Curuchet, âgé de 43 ans, a fait son début aux Jeux Olympiques de Barcelone, en 1992 et depuis, il n’a manqué aucune édition. C’est pourquoi il se réjouit vraiment d’avoir enfin, gagné l’or. Il n’y a rien de mieux que de se retirer après avoir gagné une médaille en or. « Je ne sais pas quoi dire. C’est le rêve de ma vie. Nous avons su que nous pouvions le faire et nous l’avons fait. Maintenant je ne pense qu’à ma famille, à mes fils, à mon pays », a déclaré le champion à la fin de la course.

« J’ai rêvé de devenir champion du monde, après, de devenir champion olympique. Je suis devenu champion du monde quand j’avais 32 ans et voilà que maintenant, à 43 ans, je suis champion olympique. Quoi vouloir de plus? Ce le meilleur moment de ma vie », a-t-il conclu. Un jour avant de partir en Chine, il a avoué à sa famille et à ses amis qu’il avait un très bon pressentiment. A cette occasion, le sportif a tenu à rappeler que sa victoire devrait être « un message pour tous les jeunes d’Argentine ».

Jan Frodeno passe les trois épreuves et devient le roi du triathlon

C’est décidé: l’Allemand Jan Frodeno est le nouveau champion olympique de triathlon. Une course difficile où la victoire n’a été décantée qu’à la fin. Derrière lui, il y a eu le Canadien Simon Whitfield, consacré il y a huit ans, à Sydney et le Néo-Zélandais Bevan Docherty, qui a obtenu l’argent à Athènes.

Les 10 kilomètres de parcours et la chaleur écrasante ont vraiment mis à l’épreuve Frodeno, mais il n’a pas réussi tout simplement  à monter sur le podium, il a aussi accompli son rêve. « Je me répétais sans cesse que c’était le moment dont j’avais rêvé toute ma vie. »

En fait, ce rêve à commencé à prendre forme lors du 5ème kilomètre du fatigant trajet. A la fin, sa victoire semblait être mis en danger par les deux autres acharnés qui ont résisté héroïquement à la chaleur et aux trois épreuves de natation, cyclisme et cross. Il a remporte l’or avec 1h 48’53″, tandis que le Canadien réussissait à obtenir un temps de 1h48’58″ et le Néo-Zélandais, 1h49’05″.

Jan Frodeno n’a pas été la surprise du jour, mais on ne le voyait pas comme le futur champion olympique. L’Espagnol Javier Gomez, qui était le favori de la course grâce à son titre mondial, a du se contenter d’une quatrième place, pas tellement glorieuse pour l’un des grands. Ni le Français Frédéric Belaubre, le tenant du titre en Europe, n’a pas eu la chance d’accéder au podium. C’est surtout la course à pied qui l’a épuisé, mais il ne s’est pas retrouvé parmi ceux qui ont abandonné. Chacelant, il a passé le dixième la ligne d’arrivée, même s’il avait été le troisième à la sortie de l’eau. C’est d’autant plus méritoire pour l’Allemand, qui, à force d’une résistance sans faille, a trouvé les ressources pour célébrer sa victoire.

Mekhissi-Benabbad, vice-champion du 3000 m steeple

Sur le podium de 3000 m steeple, entre deux Kenyans, une médaille surprise a enrichi le trésor des Bleus. Mekhissi-Benabbad, un athlète dont le nom était resté à peu près inconnu au grand public, gagne l’argent et devient le vice-champion olympique à l’épreuve du 3000 m steeple. C’est une médaille méritée, travaillée et qui valorise, enfin, ses efforts. Mekhissi-Benabbad ne sera plus un nom de deuxième rang parmi les athlètes du pays.

« A tout juste 23 ans, il peut se voir en or à Londres, car son tempérament ignore le doute », a confié son entraîneur Zouir Foughali. En fait, Benabbad envisageait, éventuellement, l’or, même à Beijing. Et il ne s’est pas muni seulement de confiance, mais aussi d’une bonne tactique. Il a, bien sûr, étudié ses adversaires et a décidé de ne pas lâcher la tête du « bon wagon ». Peut-être que les trois de l’équipe kenyane s’étaient préparés pour un podium juste à eux, mais le Français à chipé l’argent, brisant leur suprématie. Il s’est trouvé là au moment opportun, c’est-à-dire parmi les premiers dans le dernier 400 mètres. Maintenant, il espère que le succès sera un bon tremplin pour les JO de Londres, où il veut décrocher la médaille en or.

Mekhissi-Benabbad n’est pas un sportif comme tous les autres. Son parcours est atypique et imprévisible. Pas plus loin que l’an dernier, il retournait dépité d’Osaka, où il n’avait pas réussi un bon numéro, mais au contraire. Son dégoût était si grand, qu’il pensait même renoncer. Ensuite, une victoire en Coupe d’Europe à Annecy, l’a remis sur la piste. Et s’il n’est pas l’athlète qui suit les modèles de réussite, il est toujours prêt à démontrer qu’il est un sportif « propre »: « Mahiedine donne son sang et son urine. Il a toujours joué le jeu. Il a eu « 3 000 contrôles », qui se sont toujours bien passés. Je dors bien, il dort bien », a assumé Zouir Fughali, qui a autant de confiance dans son disciple que Benabbad même.

Laure Manaudou quitte l’Aquacube

Après une semaine de disgrâce, marquée par des évolutions décevantes dans les deux premières finales de Beijing, la nageuse Laure Manaudou déclare forfait pour la dernière épreuve allant se disputer cette semaine. Championne olympique aux JO d’Athènes, Manaudou a cédé à la pression psychique qui a suivi à un échec douloureux et pas du tout familier à sa psychologie de gagnante. Tout à fait déboussolée, elle s’est laissée en proie des larmes devant le micro de France 2, ne pouvant faire d’autre que de confirmer une défaite qui lui a apporté une 7ème et une 8ème place dans la finale de 400 mètres, respectivement, 100 mètres dos.

« Je me demande si ça vaut le coup de continuer, j’ai même pas envie de nager », a déclarée Manaudou, qui est dans une mauvaise passe, après la séparation de Philippe Lucas de l’an dernier et des changements de style correspondant à autant de changements d’entraîneurs.

Après quelques jours d’indécision, Manaudou a mis les points sur les i. Pour le moment, elle va s’arrêter. Un mois, peut-être un plus, mais assez pour que l’envie de nager revienne. « Je ne pouvais pas contrôler, ni accélérer. J’ai du subir et je n’aime pas ça. Je m’étais aussi fait une montagne à l’idée de disputer les finales le matin », a avoué l’athlète dans une interview accordée à « Le Parisien ». Comme pas l’ironie de la sort, Manaudou a fini en dernière à une épreuve où elle était la championne olympique en titre (400 mètres) et avait à passer encore l’épreuve de 200 mètres dos, où elle avait conquis son premier titre à Eindhoven.

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